Un petit bout de JT Automobiles a partagé une aventure exceptionnelle avec l’équipe Maupertuis ! Leur 205 a traversé l’Europe, découvrant des paysages sublimes mais surtout un état d’esprit inoubliablement solidaire. Voici le récit de l’aventure, véritable leçon de vie version Charlotte.

Interview de Charlotte BENAY, membre d’équipage de la Team MAUPERTUIS

10 000 km, 20 pays en 23 jours pour amener 100 kg de matériel scolaire dans des pays d’Europe de l’Est, c’est le défi que Mathieu, Mickaël et moi nous sommes lancés en octobre dernier. Nous nous sommes donc préparés pendant près d’un an avec la recherche des sponsors pour boucler notre budget, la Peugeot 205 exigée pour participer, la création de l’association Maupertuis… Près d’un an de préparation avant le départ tant attendu le 30 juillet dernier à La-Roche-Sur-Yon en Vendée avec 140 autres Peugeot 205 et toute l’équipe d’organisation bénévole.

Nous étions le seul équipage à venir d’Alsace, donc le seul à avoir déjà 1 000 km dans les pattes et sur le compteur avant le départ officiel ! Georgette, notre Peugeot 205, réussit avec succès les vérifications mécaniques, ainsi que son pot d’échappement en inox, pour prendre le départ avec les autres voitures le matin très pluvieux du 30 juillet.

Lors du départ, nous étions juste à côté de deux équipages de Lorrains. Nous voulions tout de suite changer de place, mais comme ils venaient de Moselle et avaient été eux aussi annexés, nous leur avons facilement pardonné sur fond de musique allemande pour mettre l’ambiance. Ce fut ensuite à eux de nous pardonner lorsque Mathieu en ouvrant le coffre, cassa malencontreusement une bouteille de Picon censée nous tenir le voyage.

Après avoir traversé la France jusqu’à Port lors de la première étape, c’est dès le deuxième jour en Suisse que nous attendent nos deux premiers cols : le col de Jaun à 1509m d’altitude et le col de Susten à 2225m, un premier défi pour tous les conducteurs et leurs Peugeot 205, qui nous a appris a vénérer le dieu Frein Moteur, et à regretter la température en haut des cols avant notre entrée dans la canicule. Le passage en Suisse fut aussi l’occasion de vérifier que non, la passion des Suisses pour les belles, chères et grosses voitures n’était pas un mythe : Georgette eut l’occasion de poser fièrement en compagnie d’une Ferrari et d’une dizaine de McLaren, et son conducteur d’être très (très très) vigilent en manœuvrant pour la garer.

La 3e étape en Italie nous permis de tester notre concentration sur les autoroutes Italiennes, une concentration digne d’une montée de col, face aux Italiens et leur conduite sportive. Et mauvaise. Très mauvaise.

Lors de la 4e étape, Georgette ne fit qu’une bouchée des magnifiques Dolomites Italiennes et du col du Grossglockner en Autriche. En haut du col, nous ne sentions presque pas de différence de température, ce qui était de mauvaise augure pour la météo de la suite du périple !

Nous entrions désormais dans une vraie petite canicule avec un minimum de 35° la journée, un  bonheur à bord de nos Peugeot 205 sans climatisation. Notre seul intérêt dans le choix des étapes dans la journée devint donc la recherche de points d’eau pour se rafraîchir. Par chance, la Slovénie compte des lacs magnifiques comme le Lac de Garde et le Lac de Bohinj, qui nous permirent de supporter plus facilement les température. De la même façon en Croatie, longer la côte adriatique n’avait pas comme seul intérêt la vue à couper le souffle, mais aussi celui de pouvoir s’arrêter n’importe quand pour pouvoir sauter dans la mer. Mickaël, qui n’avait pas vu la mer depuis plus de 10 ans, était excité comme une puce jusqu’à la rencontre entre son pied et un petit oursin..

A partir de la Croatie, nous entrions également dans des pays marqués par une guerre récente,  encore visible à travers les nombreuses maisons pas encore terminées et abandonnées. En Bosnie, la ville de Mostar, magnifique avec ses vieux minarets, garde encore les stigmates du conflit des Balkans.

C’est ensuite à Fier en Albanie, l’un des quatre pays touché par l’action solidaire, dans une associations luttant contre l’exploitation des enfants, que nous avons déposé nos 100kg d’affaires scolaires comme ¼ des autres Peugeot 205, ce qui faisait presque 4 tonnes d’affaires ! Nous sommes ensuite allés visiter un camp Rom en périphérie de la ville, une communauté qui bénéficiera de notre don, pour rencontrer les enfants et se rendre compte de leurs conditions de scolarisations : une petite école d’environ 30m² pour 30 enfants.

Le pays suivant, la Grèce, marque la moitié de notre aventure. A l’arrivée vers le premier bivouac, une Peugeot 205 est prise dans un accident. Les participants n’ont pas de blessure, mais la voiture ne peut pas repartir. 4 autres équipages décident donc les prendre dans leur voiture avec leurs affaires pour qu’ils puissent finir le raid avec nous, une belle preuve de la solidarité entre les participants d’Europ’raid.

Nous sommes donc à la moitié de l’aventure, mais pas de la canicule ! Nous profitons donc des derniers morceaux de côte pour nous baigner, avant de remonter dans la Grèce continentale pour admirer les fameuses Météores, des monastères orthodoxes du Xie siècle perchés dans des montagnes. Un paysage complètement atypique qui nous marqua davantage que l’acropole d’Athènes, et qui prouve la diversité des richesses de ce pays.

En Bulgarie, nous attendons tous avec impatience le Buzludza, l’ancien siège du parti communiste Bulgare qui trône comme une immense soucoupe volante au dessus de la montagne. Un monument qu’on ne peut pas rater, mais dont les Bulgares ne se vantent pas : son intérieur est condamné et complètement délabré. Quelques équipages arrivent à rentrer à l’intérieur pour admirer le dôme en verre et le portrait de Staline en mosaïque, mais la sécurité du site arrive rapidement.

Après les paysages à couper le souffle que nous avons traversé, nous entrons maintenant dans une Europe des capitales avec une architecture grandiose à chaque fois différente. En Roumanie, nous admirons le travail de Ceausescu avec son palais à Bucarest et la Transfagarasan, une des routes les plus belles du monde à travers les Carpates. En Hongrie, nous profitons de Budapest pour visiter les thermes St Nikolas au centre, l’occasion pour nous de prendre une vraie douche, ce qui n’était pas possible chaque soir sur les bivouacs !

Cracovie en Pologne reste un coup de cœur pour nous (ainsi que le prix de la bière).

Depuis le début du périple, nous touchions du bois pour les bouchons. A part quelques bouchons compliqués aux frontières, nous n’avions presque pas étés bloqués. Mais en sortant de l’Allemagne direction Amsterdam, un poids lourd se renverse sur l’autoroute. Résultat : bloqués 5h pour faire 8km, nous n’arrivons qu’à 20h à Amsterdam. Mais cette mésaventure nous donna l’occasion de visiter le fameux quartier rouge de nuit, une étape incontournable dans cette ville si spéciale.

Le lendemain, dernière étape de l’aventure jusqu’à Pontoise. Nous traçons vers notre seule étape de la journée : Tournai en Belgique, le fief des deux équipages Belges de l’aventure, qui avaient toujours quelques bières artisanales dans leur coffre à notre plus grande joie. Nous avions un peu de mal à défendre la bière alsacienne et la Weissbier Allemande.. Ce fut une chouette dernière étape avant de rejoindre le dernier bivouac à Paris, où nous avons tous fêté la fin de cette aventure, la dernière nuit en tente, avant de repartir le lendemain.

Car Europ’raid c’est aussi des rencontres inoubliables. Avant de partir, Nicolas, un des Lorrains nous rappela avec d’une belle façon le départ 3 semaines plus tôt : « Comme disait Lavoisier, rien ne se crée, tout se transforme. En cassant cette bouteille de Picon, tu l’as transformé en amitié. » (phrase à dire avec un accent alsacien très prononcé).

 

Merci JT Automobiles pour nous avoir aidé à participer à cette aventure !